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Transformez la Smart Mobility en Fair Mobility avec le transport à la demande dynamique

Smart mobility

Développement urbain, prééminence de la géolocalisation et des applications mobiles, VTC, big data, 5G, ville connectée, smart cities… ce sont autant de mots qui sont accolés aux services urbains du futur. Demain, les villes seront plus connectées, plus intelligentes et plus réactives. En soi, c’est une transformation de la société qui est très intéressante à suivre, car si la population la plus éduquée, connectée, à fort pouvoir d’achat et qui maîtrise les écosystèmes digitaux sera celle qui en profitera le plus, il faut aussi s’assurer de ne pas oublier tous les autres citoyens, dont les personnes à mobilité réduite, les seniors et les habitants sans couverture de service de transport. Pour être pertinente, une mobilité “smart” doit donc être inclusive. Entre smart mobility et fair mobility, la nuance est d’importance et elle peut contribuer à rendre notre société plus juste et plus équitable. Explications.

La Smart Mobility : intelligente et efficace, mais loin d’être parfaite

La smart mobility traduit l’utilisation des nouvelles technologies (collecte, traitement et analyse des données en temps réel) au service de la mobilité. C’est, par exemple, un moyen de trouver le bon itinéraire au bon moment, d’anticiper les difficultés de circulation, et de connecter les objets physiques (ponts, routes, feux de signalisation, éclairage public, stationnement, etc.) à une interface digitale afin de construire de nouvelles applications et de nouveaux cas d’usages.

Il est difficile de dissocier smart mobility de smart city. Si ses contours sont mouvants, la smart city est avant tout une ambition portée par des acteurs publics et privés qui s’impliquent en vue d’un projet d’urbanisme plus inclusif, plus connecté, plus réactif, et qui peut avoir un avantage compétitif en termes de développement économique dans un monde toujours plus mondialisé.

Dans son rapport au Premier ministre rendu public au printemps 2017, Luc Belot, alors député de Maine-et-Loire, édicte trois grands principes de la smart city :

  • Organiser une réelle gouvernance : une structure qui associe élus, administration, enseignement supérieur et acteurs économiques, pour des politiques transversales.
  • Assurer la souveraineté et éviter la privatisation : des enjeux cruciaux pour que les territoires gardent la maîtrise des données, des outils, des applications et des logiciels métiers, en mettant l’accent sur la standardisation et la réversibilité.
  • Garantir une ville inclusive : donner une place à chaque citoyen, sans fracture sociale ou numérique et passer d’une approche centrée usager (user centric) à une approche centrée citoyen (citizen centric).

Or, dans les faits, les smart cities sont surtout liées aux mégapoles avec une population jeune, active, urbaine et connectée. Sans le vouloir, ce terme exclut certaines parties de la population pour des raisons économiques, sociales, urbanistiques et physiques. Ainsi la smart mobility est censée être inclusive sur le papier, mais dans la réalité cela n’est pas toujours vrai. D’où l’intérêt d’être vigilant pour éviter les décalages entre intentions et actions concrètes. 

Il existe, heureusement, quelques contre-exemples, comme celui de la ville de Medellín en Colombie, qualifiée de ville la plus innovante au monde par le Wall Street Journal en 2012, et qui prouve qu’on peut être une smart city sans être une tech city.

Pourquoi rendre la mobilité plus inclusive ?

Pourquoi passer d’un modèle premium et exclusif à un modèle accessible et inclusif ? Il faut dire qu’il y a urgence, car les données du Ministère des Transports sont inquiétantes :

  • 12 % des zones urbaines sensibles ne sont desservies par aucun mode de transport. 
  • Une personne en insertion sur deux a déjà refusé un travail ou une formation pour des problèmes de mobilité.
  • Un Français sur trois est en difficulté de mobilité et menacé d’exclusion sociale.

La mobilité intelligente et purement technologique n’a de sens que si elle peut inclure toute la population dans une logique davantage humaine qu’économique. C’est la raison qui explique la mutation de la smart mobility en fair mobility. Pour y parvenir, l’intelligence technologique doit être un outil et non une fin en soi. Ce qui compte, c’est l’objectif. Si on simplifie la vie de 10% des habitants d’une ville avec une smart city, on exclut de facto les 90% restant.

Le transport à la demande : un levier pour passer de la Smart Mobility à la Fair Mobility

Le transport à la demande (ou TAD) a la capacité de transformer une mobilité intelligente en mobilité durable, sociale et humaine. En dehors des zones denses et urbaines, il peut être difficile de se déplacer en transport en commun. Pas assez d’usagers, circulation complexe, peu de lieux commerciaux ou touristiques… le modèle actuel n’est pas pensé pour être juste. Et si les choses sont déjà compliquées la journée, imaginez les défis du déplacement nocturne, en particulier pour les travailleurs aux horaires décalés.

Le TAD est un mode de transport en commun comme les autres, avec un système de navettes ou de bus, mais dont les itinéraires et les points d’arrêts sont fixés en fonction des réservations des usagers. Ici, aucun véhicule ne roule à vide et les trajets sont optimisés.

Les transports en commun font bien plus que transporter des usagers. Ce sont des traits d’union qui relient et font vivre des territoires. Ils facilitent la vie des habitants, créent de la valeur économique et se développent de manière responsable grâce à la révolution digitale qui transforme notre société. Quand la technologie est au service de tous, la mobilité peut ainsi devenir smart et fair.