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Territoires & Collectivités

À la rencontre de nos usagers de Transport à la Demande dynamique – Chapitre 3 : La Ferté-sous-Jouarre

transport à la demande dynamique

À l’occasion de la 18ème édition de la Semaine Européenne de la Mobilité, nous donnons la parole aux usagers de nos réseaux de Transport à la Demande dynamique. Cap à l’est : La Ferté-sous-Jouarre, à la rencontre des usagers du réseau TAD Ile-de-France Mobilités inauguré récemment.

Située à moins d’une heure en train de Paris, la gare de la Ferté-sous-Jouarre est particulièrement fréquentée en heure de pointe. La gare routière qui y est adossée voit chaque jour de la semaine passer des bus de transport scolaire à destination des communes limitrophes. Sensibles aux premiers retours sur notre service de TAD dynamique fraîchement inauguré, nous nous sommes rendus sur place pour échanger.

Mylène, 48 ans est conductrice d’un des bus Transdev Darche-Gros dédié au service de TAD. Elle effectue son premier service et attend ses usagers. “J’ai rencontré quelques difficultés au début avec la tablette pour les conducteurs mais après quelques minutes d’utilisation, tout devient très facile. L’application que nous utilisons nous informe du nombre de passagers qui doivent monter à bord, de leur nom et de leur lieu de destination. Chaque passager doit donner son nom pour prendre place à bord. Je trouve que ça permet de créer un vrai contact avec les passagers. Avant, ils ne nous adressaient pas la parole. Et puis on se raconte un peu nos vies. Une ado que je conduis tous les jours m’a expliqué que grâce au service, la garde était désormais mieux partagée entre ses parents”.

Hugo, 15 ans, qui a déjà pris place au premier rang du bus, attend avec la conductrice l’arrivée des autres passagers. Hugo habite à Rebais à 20 minutes de la Ferté. Ses parents ont entendu parler du service à la radio et lui ont fait télécharger l’application. Depuis, il l’utilise tous les jours matin et soir. “En général je réserve pour toute la semaine comme ça c’est fait, vu que je connais déjà mes horaires de cours”. Il ajoute “Avant il n’y avait pas de transport entre La Ferté et Rebais donc j’étais obligé de faire un détour en passant par Meaux, il fallait reprendre le Transilien et je perdais facilement 30-40 minutes”.

Nous laissons le bus de Mylène partir à l’heure pour attendre le TAD de 18h08 que nous avions réservé. L’arrêt n’est pas matérialisé devant la gare mais quelques voyageurs commencent à se réunir sur le trottoir sur lequel nous nous tenons. Mourad, 40 ans qui nous entend converser, témoigne: “Je travaille sur Paris et j’habite à Rebais. J’utilise le service depuis sa création. Pour moi c’est surtout moins de stress et de fatigue par rapport à la voiture que je conduisais pour me rendre en gare et que je laissais sur le parking. En termes de temps de trajet, c’est exactement pareil. La réservation? Je la fais sur l’application, en deux minutes même pas c’est bouclé, tout va très vite, c’est top”.

Notre TAD arrive. Nous échangeons avec Nicolas, son conducteur. “C’est un service qui était très attendu par les voyageurs du coin qui pour la plupart habitent dans des petits patelins où l’on ne peut se rendre qu’en voiture. On a beau se trouver en Ile-de-france et à une heure de Paris, c’est la campagne ici. Vous verrez, une fois l’heure de pointe terminée il n’y a plus personne ici”. “Le service vient d’être lancé et il y a encore beaucoup à faire en signalétique et en communication mais nous voyons de nouveaux passagers tous les jours. On a commencé à 1-2 personnes, maintenant on est plus autour de 10-12: des gens qui luttaient pour rentrer chez eux avant et pour la plupart des enfants “. Il précise: “on dit que c’est un service qui menace les lignes classiques mais je dirais le contraire. C’est justement un bon moyen de tester la fréquentation du service pour ensuite développer une ligne fixe si le besoin se fait sentir. Pour l’instant nous utilisons toujours nos grands bus mais nous avons des mini-bus tout neufs qui arrivent bientôt et qui seront plus adaptés. La plupart du temps nous nous arrêtons à des arrêts qui existaient déjà donc c’est plus facile pour les gens”.

Jean-Marie, 72 ans se présente au conducteur et demande: “C’est le bus qu’il faut commander?” Quand nous lui demandons par quel moyen il effectue ses réservations, il nous répond d’un air moqueur: “Sur l’application. Méfiez-vous des personnes âgées, elles sont aussi 2.0 maintenant”.

QUICK FACTS –  TAD IDFM de La Ferté 

Premiers chiffres après 10 jours d’exploitation

  • 4 communes desservies, environ 19000 habitants concernés 
  • Lancé le 2 septembre 2019
  • Cofinancé par Ile-de-France Mobilités et la Communauté d’agglomération Coulommiers Pays de Brie
  • Exploité par Transdev Darche-Gros
  • Jusqu’à 20 réservations / jours de semaine
  • 95% des réservations effectuées via l’application mobile
  • 95% de ponctualité
  • Le service a été mis en place pour désenclaver le secteur nord-est du département en améliorant  la mobilité intra communauté d’agglomération. L’objectif est de faciliter la liaison entre les communes de La-Ferté-sous-Jouarre, Rebais et la Ferté-Gaucher et d’améliorer la desserte des noeuds de transport (gare routière et ferroviaire de La-Ferté-sous-Jouarre).

Pour respecter leur anonymat, les prénoms des interviewés ont été modifiés.

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À la rencontre de nos usagers de Transport à la Demande dynamique – Chapitre 2 : Saint-Nom-la-Bretèche

Transport à la demande dynamique

À l’occasion de la 18ème édition de la Semaine Européenne de la Mobilité, nous donnons la parole aux usagers de nos réseaux de Transport à la Demande dynamique. Aujourd’hui, nous continuons nos rencontres sur Saint-Nom-la-Bretèche et son réseau TAD Ile-de-France Mobilités (ex Flexigo Gally-Mauldre).

Notre premier trajet en TAD dynamique effectué depuis la gare de Saint-Nom-la-Bretèche nous conduit à la place de la mairie sur laquelle nous attend Samir. Samir est un des conducteurs de TAD de l’agglomération. Son service terminé, il a bien voulu nous accorder quelques minutes. “Le service a bonne presse parmi les riverains parce que Saint-Nom sans transport c’est un grave problème. Le service séduit aussi les non-résidents pour des usages très différents. Il permet de brasser tous types de clients et de nationalité, les gens se fréquentent plus qu’avant”.

Pour Quentin, 27 ans, jeune actif parisien, de passage à St-Nom et rencontré un peu plus tard le service est un vrai vecteur de lien social. “On sent qu’il y a une volonté de grouper les gens, de faire qu’ils se déplacent ensemble”. “Le minibus est moderne, le chauffeur connait ton nom et tu dois t’annoncer quand tu montes. Ça donne l’impression que le chauffeur connaît personnellement les gens qu’il embarque”.  Quentin utilise le service pour la première fois. “Ce sont les amis que je vais rejoindre à St-Nom qui m’en ont parlé. Faute de Uber, on serait venu me chercher à la gare si le service n’existait pas. Au moins je ne dérange pas et je garde mon autonomie. J’ai halluciné quand j’ai appris que le service était inclu dans mon pass Navigo. Même si j’habite à Paris, j’aurais aimé qu’on en parle plus. Il y a zéro pub, ça m’aurait peut-être plus motivé à venir passer un peu de temps en grande couronne, surtout le weekend quand il fait beau, c’est tellement agréable”.

Sur le trajet du retour, nous approchons Christian, 52 ans, salarié à St-Nom depuis plusieurs années et qui réside à Mantes-la-Jolie. Il témoigne : “Sans le service, j’aurais été obligé de venir beaucoup plus tôt au travail. Je mets quasiment le même temps de trajet qu’en voiture mais au moins j’évite les bouchons et j’économise mon essence. Au moins je permets d’éviter la pollution car ma voiture reste à la maison” Quand nous lui demandons ce qu’il pense de l’application de réservation il confesse : “Je ne suis pas très à l’aise avec les smartphones donc je réserve par téléphone en avance, en général pour toute la semaine. C’est bien qu’ils aient gardé un numéro sur lequel appeler”. 

QUICK FACTS –  TAD IDFM de Gally-Mauldre

  • 11 communes desservies
  • Lancé le 2 janvier 2018
  • Cofinancé par Ile-de-France Mobilités et la Communauté de Communes de Gally-Mauldre
  • Plus de 250 trajets/jour de semaine
  • Exploité par Transdev
  • 6000 voyages / mois
  • +95% des réservations effectuées via l’application mobile
  • 95% de ponctualité
  • Le service a été mis en place afin de faciliter l’intermodalité en permettant aux habitants du territoire d’accéder aux gares de Maule, Plaisir et Saint-Nom-la-Bretèche aux heures de pointes sans utiliser leur véhicule personnel. Le service permet également de faciliter les déplacements des seniors et des jeunes non-motorisés sur la zone grâce à l’offre en heures creuses tous les jours de la semaine et le samedi vers les communes de la Communauté de Communes et les gares

Pour respecter leur anonymat, les prénoms des interviewés ont été modifiés.

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À la rencontre de nos usagers de Transport à la Demande dynamique – Chapitre 1 : Saint-Nom-la-Bretèche

transport à la demande dynamique

À l’occasion de la 18ème édition de la Semaine Européenne de la Mobilité, nous donnons la parole aux usagers de nos réseaux de Transport à la Demande dynamique. Aujourd’hui, premier focus sur l’ouest parisien. Direction Saint-Nom-la-Bretèche et son réseau TAD Ile-de-France Mobilités (ex Flexigo Gally-Mauldre). 

Arrivés en gare de Saint-Nom La Breteche Foret de Marly, nous nous rendons à l’arrêt de TAD et attendons le minibus que nous avions réservé quelques heures à l’avance via l’application TAD IDFM. Une fois à bord, nous rencontrons Huynh, 39 ans qui vient d’emménager à St-Nom-la-Bretèche. Elle a entendu parler du service par son mari qui a obtenu l’information sur internet : “Même si je ne l’utilise pas très régulièrement, j’en suis très satisfaite. C’est quand même très pratique et facile à réserver”. Huynh utilise le service pour se rendre à son domicile situé à 30 minutes de marche de la Gare. “Avant je me rendais à la gare en voiture. Maintenant je réserve un minibus plus ou moins à l’avance, il y en a à toute heure. Je fais des économies de carburant et en plus je n’ai pas besoin de me garer ou de payer un stationnement”. Elle ajoute: “Je sais que je peux compter sur ce service pour les déplacements de ma fille depuis et vers la gare qui est en pleine forêt. Ça me rassure de savoir qu’un minibus l’attend quand elle rentre de Paris le soir”.

Akhil, 17 ans, lycéen, résidant lui aussi à St-Nom, nous écoute silencieusement d’une place adjacente puis intervient: “Il n’y a pas photo. Avant je faisais parfois de l’auto-stop pour me rendre en cours le matin ou rentrer le soir. Ce n’était pas évident et il m’arrivait parfois de marcher plus de 45 minutes quand personne ne voulait me prendre. C’était carrément plus galère et pas très safe. C’est sûr que ce  service rassure mes parents, surtout quand il fait nuit”. Pour Akhil qui maîtrise bien l’application, les créneaux horaires proposés sont nombreux mais ne correspondent parfois pas aux horaires des trains en gare: “on se retrouve à avoir parfois 15-20 minutes de battement ou alors on loupe son train”. Le lycéen ajoute que des efforts en termes de communication et d’acculturation restent à faire: “parfois des gens ne peuvent pas monter car ne savent pas qu’ils faut réserver. C’est frustrant pour eux et le chauffeur et ça pourrait être évité si tout le monde connaissait les règles du jeu dès le départ. En gare, personne ne peut vraiment expliquer le fonctionnement du service et les panneaux – quand il y en a – ne sont pas assez clairs à mon avis”. 

Nous descendons à l’arrêt “Europe 1” pour nous rendre à la place de la mairie sur laquelle nous croisons Mélanie 37 ans, mère de famille qui habite à 5 minutes. “J’utilise exclusivement ma voiture, je n’ai jamais eu besoin d’utiliser le service mais je le trouve pratique. Je pense l’utiliser s’il m’arrive une tuile et que j’ai besoin de me déplacer à la gare ou aux alentours”. A l’évocation des témoignages d’Akhil et de Huynh rencontrés auparavant dans le minibus, Mélanie confesse “Mes enfants vont commencer à se déplacer seuls prochainement et c’est vrai que c’est une solution qui me rassurerait”.

QUICK FACTS –  TAD IDFM de Gally-Mauldre

  • 11 communes desservies
  • Lancé le 2 janvier 2018
  • Cofinancé par Ile-de-France Mobilités et la Communauté de Communes de Gally-Mauldre
  • Plus de 250 trajets/jour de semaine
  • Exploité par Transdev
  • 6000 voyages / mois
  • +95% des réservations effectuées via l’application mobile
  • 95% de ponctualité
  • Le service a été mis en place afin de faciliter l’intermodalité en permettant aux habitants du territoire d’accéder aux gares de Maule, Plaisir et Saint-Nom-la-Bretèche aux heures de pointes sans utiliser leur véhicule personnel. Le service permet également de faciliter les déplacements des seniors et des jeunes non-motorisés sur la zone grâce à l’offre en heures creuses tous les jours de la semaine et le samedi vers les communes de la Communauté de Communes et les gares

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Pour respecter leur anonymat, les prénoms des interviewés ont été modifiés.

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Transformez la Smart Mobility en Fair Mobility avec le transport à la demande dynamique

Smart mobility

Développement urbain, prééminence de la géolocalisation et des applications mobiles, VTC, big data, 5G, ville connectée, smart cities… ce sont autant de mots qui sont accolés aux services urbains du futur. Demain, les villes seront plus connectées, plus intelligentes et plus réactives. En soi, c’est une transformation de la société qui est très intéressante à suivre, car si la population la plus éduquée, connectée, à fort pouvoir d’achat et qui maîtrise les écosystèmes digitaux sera celle qui en profitera le plus, il faut aussi s’assurer de ne pas oublier tous les autres citoyens, dont les personnes à mobilité réduite, les seniors et les habitants sans couverture de service de transport. Pour être pertinente, une mobilité “smart” doit donc être inclusive. Entre smart mobility et fair mobility, la nuance est d’importance et elle peut contribuer à rendre notre société plus juste et plus équitable. Explications.

La Smart Mobility : intelligente et efficace, mais loin d’être parfaite

La smart mobility traduit l’utilisation des nouvelles technologies (collecte, traitement et analyse des données en temps réel) au service de la mobilité. C’est, par exemple, un moyen de trouver le bon itinéraire au bon moment, d’anticiper les difficultés de circulation, et de connecter les objets physiques (ponts, routes, feux de signalisation, éclairage public, stationnement, etc.) à une interface digitale afin de construire de nouvelles applications et de nouveaux cas d’usages.

Il est difficile de dissocier smart mobility de smart city. Si ses contours sont mouvants, la smart city est avant tout une ambition portée par des acteurs publics et privés qui s’impliquent en vue d’un projet d’urbanisme plus inclusif, plus connecté, plus réactif, et qui peut avoir un avantage compétitif en termes de développement économique dans un monde toujours plus mondialisé.

Dans son rapport au Premier ministre rendu public au printemps 2017, Luc Belot, alors député de Maine-et-Loire, édicte trois grands principes de la smart city :

  • Organiser une réelle gouvernance : une structure qui associe élus, administration, enseignement supérieur et acteurs économiques, pour des politiques transversales.
  • Assurer la souveraineté et éviter la privatisation : des enjeux cruciaux pour que les territoires gardent la maîtrise des données, des outils, des applications et des logiciels métiers, en mettant l’accent sur la standardisation et la réversibilité.
  • Garantir une ville inclusive : donner une place à chaque citoyen, sans fracture sociale ou numérique et passer d’une approche centrée usager (user centric) à une approche centrée citoyen (citizen centric).

Or, dans les faits, les smart cities sont surtout liées aux mégapoles avec une population jeune, active, urbaine et connectée. Sans le vouloir, ce terme exclut certaines parties de la population pour des raisons économiques, sociales, urbanistiques et physiques. Ainsi la smart mobility est censée être inclusive sur le papier, mais dans la réalité cela n’est pas toujours vrai. D’où l’intérêt d’être vigilant pour éviter les décalages entre intentions et actions concrètes. 

Il existe, heureusement, quelques contre-exemples, comme celui de la ville de Medellín en Colombie, qualifiée de ville la plus innovante au monde par le Wall Street Journal en 2012, et qui prouve qu’on peut être une smart city sans être une tech city.

Pourquoi rendre la mobilité plus inclusive ?

Pourquoi passer d’un modèle premium et exclusif à un modèle accessible et inclusif ? Il faut dire qu’il y a urgence, car les données du Ministère des Transports sont inquiétantes :

  • 12 % des zones urbaines sensibles ne sont desservies par aucun mode de transport. 
  • Une personne en insertion sur deux a déjà refusé un travail ou une formation pour des problèmes de mobilité.
  • Un Français sur trois est en difficulté de mobilité et menacé d’exclusion sociale.

La mobilité intelligente et purement technologique n’a de sens que si elle peut inclure toute la population dans une logique davantage humaine qu’économique. C’est la raison qui explique la mutation de la smart mobility en fair mobility. Pour y parvenir, l’intelligence technologique doit être un outil et non une fin en soi. Ce qui compte, c’est l’objectif. Si on simplifie la vie de 10% des habitants d’une ville avec une smart city, on exclut de facto les 90% restant.

Le transport à la demande : un levier pour passer de la Smart Mobility à la Fair Mobility

Le transport à la demande (ou TAD) a la capacité de transformer une mobilité intelligente en mobilité durable, sociale et humaine. En dehors des zones denses et urbaines, il peut être difficile de se déplacer en transport en commun. Pas assez d’usagers, circulation complexe, peu de lieux commerciaux ou touristiques… le modèle actuel n’est pas pensé pour être juste. Et si les choses sont déjà compliquées la journée, imaginez les défis du déplacement nocturne, en particulier pour les travailleurs aux horaires décalés.

Le TAD est un mode de transport en commun comme les autres, avec un système de navettes ou de bus, mais dont les itinéraires et les points d’arrêts sont fixés en fonction des réservations des usagers. Ici, aucun véhicule ne roule à vide et les trajets sont optimisés.

Les transports en commun font bien plus que transporter des usagers. Ce sont des traits d’union qui relient et font vivre des territoires. Ils facilitent la vie des habitants, créent de la valeur économique et se développent de manière responsable grâce à la révolution digitale qui transforme notre société. Quand la technologie est au service de tous, la mobilité peut ainsi devenir smart et fair.

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Interview de Thierry Occelli, vice président de la Communauté d’Agglomération de Sophia Antipolis

Transport à la demande - Sophia Antipolis

En quoi le territoire de la Communauté d’Agglomération de Sophia Antipolis (CASA) est-il spécifiquement adapté aux enjeux de la mobilité partagée? 

La CASA est en permanence confrontée à de nouvelles demandes, qui correspondent à de nouveaux besoins, notamment du fait du développement de la technopole de Sophia Antipolis. 

Dans cette optique, elle s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue de ses offres de services de mobilité et réfléchit en permanence à la façon d’optimiser ses solutions, principalement en matière de TAD : étoffer les moyens affectés à l’offre, couvrir de nouveaux territoires, améliorer les processus et méthodes de réservation et leurs fiabilité, garantir un bon retour client. 

La CASA dispose déjà de solutions de TAD?

Oui, elle exploite des solutions de TAD dans 10 zones du territoire, d’arrêt à arrêt, et elles rencontrent un franc succès sous la marque ICILA.. 

Notre objectif est double. Pour les scolaires, le TAD permet des déplacements au-delà des heures classiques d’entrée et de sortie de classe (8h, 17h). 128.000 courses ont été enregistrées depuis sa mise en service il y a un an. Ces courses sont opérées sur les 24 communes de l’agglomération mais avec un fonctionnement focalisé sur environ la moitié du territoire.

Pour les personnes à mobilité réduite (PMR), nous proposons une offre plus individualisée car elle permet les déplacements de trottoir à trottoir. 

La CASA est souvent sollicitée pour déployer ce service en soirée notamment à l’occasion de grands évènements ponctuels (spectacles, théâtres etc).

Pourquoi avoir choisi de le lancer un nouveau service avec Padam Mobility ? 

La principale problématique rencontrée par la Communauté d’Agglomération de Sophia Antipolis en ce qui concerne son TAD est celle de la réservation. Notre centrale est souvent saturée dès le début de semaine, et ce malgré la mise en place récente d’une centrale de pré-réservation en ligne. 

Dans la mesure où les principaux usagers du TAD de la CASA sont des jeunes du collège et du lycée, Padam Mobility permettra de faciliter et simplifier la réservation de ces usagers habitués à l’usage de smartphones. 

L’agglomération s’inscrit en outre dans une démarche de transformation digitale et de dématérialisation, notamment en ce qui concerne les titres de transport. Nous nous appuyons également sur Padam Mobility pour atteindre cet objectif

Enfin, le TAD a été certifié ISO9001 en mars 2019 et répond aux objectifs d’amélioration continue que s’est fixé la CASA.

Quelles sont les attentes de vos administrés vis à vis du TAD? 

Pouvoir réserver en autonomie, en ligne, avec facilité. 

Et vos attentes à vous? 

La Communauté d’Agglomération de Sophia Antipolis attend beaucoup de cette expérimentation sur 12 véhicules avec Padam Mobility sur 2 zones avec un parc affecté de 12 véhicules. Malgré la particularité de notre offre (zonage, opérateur unique à partir du premier juillet), nous souhaitons obtenir un maximum d’informations quantitatives (statistiques, informations de relevés, données, km parcourus, taux de groupage, nombre de personnes transportées, etc.) et qualitatives (retours d’appréciation des trajets notamment, évaluations, etc.) car nous n’en disposons pas actuellement. 

L’objectif est d’obtenir des données assez détaillées pour la mise en place et le suivi d’indicateurs de performance qui lui permettent de savoir si ses solutions de TAD sont perfectibles. 

Padam fournit des rapports statistiques extrêmement détaillés et sera en mesure de répondre à ces attentes. La mise en place d’une bannière dans l’application, pointant vers un sondage de satisfaction, permet d’obtenir des feedbacks très qualitatifs.

Nous prônons la réactivité de nos solutions. A l’instar de la démarche engagée par la CASA de co-voiturage dynamique, nous voulons du TAD dynamique.

Quelles sont les autres innovations que vous préparez dans la mobilité partagée? 

La CASA réfléchit en permanence à de nouvelles solutions de mobilité et s’est récemment inscrite dans une démarche d’expérimentation de véhicules autonomes sur la voie publique. Une expérimentation sur voie dédiée a déjà eu lieu en 2016 et il s’agit maintenant d’expérimenter des véhicules autonomes dans les conditions de circulation générale et sur un secteur déterminé de Sophia Antipolis (gestion du dernier kilomètre en intermodalité avec la future ligne Bustram).

Padam travaille avec des acteurs du véhicule autonome pour proposer du véhicule autonome à la demande. 

Sur le sujet de la mobilité douce, la CASA a lancé son propre plan vélo avec la mise en service de vélos à assistance électrique (VAE), le déploiement de pistes et connections cyclables avec en ligne de mire la possibilité d’exploiter des pistes forestières, un travail sur les déplacements domicile-travail, l’amélioration des points noirs de circulation, la création d’une maison du vélo à SA avec 10 et bientôt 20 vélos à disposition gratuite des usagers pour mieux faire découvrir le VAE. Enfin, la communauté du vélo de Sophia Antipolis a été créée et compte déjà 500 membres.

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